mardi 13 septembre 2011

TOGO : LE REGIME EN PLACE TENTE D’ORCHESTRER UNE MANIPULATION DE L’HISTOIRE A TRAVERS LA CVJR

Sans faire exactement ce qu’a préconisé l’APG en ses points 2.2.2 et 2.4, le pouvoir de Faure Gnassingbé a mis en place la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR) présidée par Monseigneur Barrigah pour apporter des éclairages sur les actes de violence à caractère politique qui ont jalonné l’histoire du Togo depuis 1958 à 2005. Les conditions dans lesquelles la CVJR a été créée et les hommes et femmes qui la composent ont persuadé certains Togolais, notamment les militants des partis d’opposition, majoritaires dans le pays, à croire que Monseigneur Barrigah n’est pour la recherche de la vérité, mais au service du régime en place, de façon officielle, depuis 1967. En effet, la vice-présidente de la commission Barrigah, Mme Kissem Tchangaï Walla était la présidente de la CENI en 2005. C’est elle qui a proclamé Faure Gnassingbé président de la République bien qu’il avait été battu dans les urnes par feu Emmanuel Bob Akitani, le candidat de la coalition de six partis d’opposition (ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS-Togo, UFC). La conséquence a été très douloureuse. En toute légitimité, les militants de l’opposition sont descendus dans la rue. Il s’en est suivi un terrible massacre des populations par des milices du RPT et une partie de l’armée à la solde du clan Gnassingbé.
En dépit du très peu de crédit que les populations accordent à sa commission, et les appels à sa démission, Monseigneur Barrigah, en « bon croyant » a maintenu le cap, une façon de dire à ses détracteurs de le juger à l’œuvre. Après plusieurs mois de travail consacré aux dépositions des témoins ou victimes des actes de violence à caractère politique sur la période concernée, depuis deux semaines, la CVJR procède aux auditions.
Mais les premiers témoignages permettent de dire que le pouvoir de Faure Gnassingbé veut se servir de la CVJR pour orchestrer une manipulation de l’histoire. Certains témoignages, notamment celui de Kombaté Michel sur l’assassinat de Sylvanus Olympio, affirmant que l’auteur de cet assassinat n’est pas Eyadema ne sont ni plus ni moins qu’une tendance négationniste de notre histoire. Un tel témoignage, il ne fait l’ombre d’aucun doute cherche à disculper le géniteur de l’actuel chef de l’Etat de l’assassinat du père de l’indépendance du Togo. Et nous pensons que de tels comportements sont inacceptables à plus d’un égard. M. Kombaté Michel fait l’avocat du diable alors que les faits historiques ne plaident pas en faveur
·         Les preuves de la culpabilité du Général Eyadema dans l’assassinat.
 Eyadema a réclamé la paternité de l’assassin.
Trois jours après le coup d’Etat du 13 janvier 1963, le président Eyadema, alors sergent de l’armée coloniale française, a réclamé dans le journal français Paris Match, la paternité de l’assassinat de Sylvanus Olympio. Plus tard dans l’émission ‘’archives d’Afrique’’ sur RFI, le général Eyadema a justifié cet acte ignominieux  par le fait que le président Olympio ne se serait pas comporté en homme responsable face aux militaires qui s’étaient le 13 janvier 1963 à son domicile pour l’arrêter. ». Dans la même émission, le Général De Gaulle interroge, sur un ton de colère, Eyadema : « Pourquoi tu l’as zigouillé ? ».

L’enterrement d’Olympio au Bénin et non au Togo.
Pourquoi Eyadema et sa bande de militaires au service du colon français n’ont pas organisé des funérailles nationales pour Sylvanus Olympio et ont préféré laisser son corps, comme s’il était un simple citoyen, à sa famille pour aller l’enterrer dans un autre pays ? La réponse est toute simple, les auteurs du coup d’Etat haïssaient le père de l’indépendance et n’ont pas voulu que sa tombe devienne un lieu de recueillement, c’est pour cela qu’ils ont laissé l’inhumer au Bénin. Le témoignage de Michel Kombaté aurait de crédit si Eyadema et sa clique avaient prouvé au monde entier qu’ils ne voulaient pas assassiner le président Olympio en lui donnant une sépulture digne de son titre de président de la République. Ils ne l’ont pas fait dans l’immédiat, ni durant les 38 ans de règne d’Eyadema sur le Togo. Au contraire, le jour de l’assassinat de Sylvanus Olympio, le 13 janvier a été institué en fête nationale de la « libération », comme si tuer un président de la République revenait à éliminer un lion qui dévore des populations dans un village.
La volonté  d’effacer les pages de l’histoire du Togo concernant les œuvres du président Olympio.
Le président Eyadema, durant ses 38 ans de règne s’est évertué à effacer les passages de l’histoire hallucinante du Togo concernant les hauts faits de Sylvanus Olympio. Jusqu’au à la disparition d’Eyadema en 2005, pas une seule rue, ni place publique ne portaient le nom de Sylvanus Olympio. Le président Eyadema a même formellement interdit l’hymne nationale du pays : « la Terre de nos aïeux »  chanté le jour de la proclamation de l’indépendance pour le remplacer par son hymne personnel. La fête de l’indépendance, le 27 avril a été aussi interdite au profit du 13 janvier, le jour de l’assassinat de Sylvanus Olympio, célébré comme fête nationale de la « libération ». Tous ces actes n’avaient qu’un but : effacer de la mémoire des générations futures le nom du père de l’indépendance.