En Côte d’Ivoire, depuis la capture du président Gbagbo par l’armée française, les rebelles de Ouattara, devenus l’armée républicaine, se livrent à cœur joie à des assassinats contre les personnes dites proches du président Gbagbo. Malheureusement, la communauté internationale, très prompte à dénoncer les violations des droits de l’homme et à prendre des sanctions contre leurs auteurs présumés du temps du président Gbagbo, ne fait rien pour que ce qui s’apparente à un génocide s’arrête. Cette situation de deux poids, deux mesures agace beaucoup de personnes de par le monde. C’est le cas de l’Association des Intellectuels Togolais pour une Afrique Eveillée (AITAE) qui a rendu public un communiqué condamnant l’inaction de la communauté internationale devant le règne de la justice des vainqueurs et de la politique d’épuration ethnique en Côte d’Ivoire.
voici l'intégralité du texte
Depuis l’enlèvement, le 11 avril 2011, par l’armée française du Président élu de la République souveraine de Côte d’Ivoire, son Excellence Laurent Koudou GBAGBO, des rapports d’enquêtes menées par des organisations de défense des droits de l’Homme telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la Division des Droits de l’Homme (DDH) de l’Opération des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire (Onuci) font état de ce que les rebelles de OUATTARA, rebaptisés Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), commettent, en toute impunité, des exactions ainsi que des tueries contre des populations jugées proches de l’ancien régime.
L’AITAE condamne avec la dernière rigueur l’attitude de la communauté internationale, notamment les grandes puissances, qui reste inactive devant les crimes perpétrés par les FRCI dans le but macabre d’éliminer physiquement toute vraie opposition au régime d’Alassane Dramane OUATTARA.
L’immobilisme des grandes puissances, face aux exactions et aux tueries perpétrées par les FRCI, est inacceptable étant donné que c’est sous le prétexte de sauver la démocratie et de protéger les populations civiles prétendument menacées par les armes lourdes des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS) qu’elles ont voté à l’ONU la résolution 1975 ayant servi de couvert à l’armée française aux ordres de Nicolas SARKOZY pour capturer le Président GBAGBO.
L’AITAE est indignée par l’inaction de la communauté internationale surtout que les exactions et massacres dénoncés par Amnesty International, Human Rights Watch et l’ONU s’apparentent, en grande partie, à des crimes contre l’humanité.
L’AITAE tient à élever une vive protestation contre l’attitude passive de l’ONU, l’Union Africaine (UA), des Etats-Unis, de la France ainsi que toute la communauté internationale devant le règne de la justice des vainqueurs qui s’acharne uniquement contre les militants du Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti du président déchu et de La Majortité Présidentielle (LMP), un regroupement de partis politiques ainsi que d’associations ayant soutenu Son Excellence Laurent Koudou GBAGBO au cours de l’élection présidentielle et des éléments des FDS.
Il est inadmissible qu’au moment où des personnalités civiles et militaires proches de l’ancien régime ou soupçonnées telles sont détenues sans jugement dans des prisons, que certains éléments des FRCI cités dans les différents rapports d’enquêtes comme étant les auteurs des exécutions extra-judiciaires des civiles pro-GBAGBO soient promis par le président OUATTARA que l’Occident présente comme le prototype de démocrate.
L’AITAE reste convaincue que les actes macabres commis et qui continuent d’être commis par les FRCI contre les partisans de l’ancien pouvoir permettront aux Africains de comprendre que ce qui a déterminé la France à faire la guerre contre les institutions souveraines de la Côte d’Ivoire, ce n’est pas la sauvegarde de la démocratie, encore moins la protection des populations civiles, mais plutôt la préservation des intérêts des Français.
L’AITAE s’incline devant la mémoire de tous les Ivoiriens qui ont été massacrés pour avoir osé défendre la souveraineté de leur pays.
L’AITAE demande à tous les Africains, soucieux de la sauvegarde de l’indépendance de leurs Etats, de se mobiliser pour obtenir, par tous les moyens légaux, non seulement la libération du président GBAGBO et sa famille ainsi que tous ses partisans injustement incarcérés, mais aussi l’instauration en Côte d’Ivoire d’une justice impartiale.
Fait à Lomé, le 15 août 2011 ;
Le Président ;
BINAFAME Kohan Kidékiyime