vendredi 29 juillet 2011

La dissolution du RPT: une illustration de la volonté de Faure Gnassingbé de s'opposer à l'alternance.

Faure Gnassingbé n’est pas prêt à faire seulement deux mandats à la tête du Togo. Au contraire, tout laisse penser qu’il veut rester longtemps au pouvoir comme son père, Gnassingbé Eyadema qui a gouverné le pays pendant 38 ans. C’est ce qui justifie, de l’avis de plusieurs observateurs de la politique togolaise, la détermination du chef de l’Etat à dissoudre le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui a fait près d’un demi-siècle au pouvoir. A l’heure actuelle où la tendance générale dans le monde est à l’alternance, Faure sait que ça ne sent pas bien qu’il se fasse réélire à maintes reprises comme candidat du RPT, même si c’est dans la transparence. C’est pour cela qu’il essai de passer par une gymnastique intellectuelle en se faisant porter candidat aux prochaines échéances électorales par une nouvelle formation politique ; tout ayant pour but de tromper le peuple.

Faure compte sur l’évolution positive de la mentalité des électeurs en faveur du RPT depuis qu’il a succédé à son père dans le sang pour faire accepter son propre parti. A analyser profondément la situation politique, le chef de l’Etat peut véritablement dire que la mort du RPT va lui permettre d’assouvir son ambition de rester aussi longtemps au pouvoir. Il semble qu’il en est convaincu. En prononçant l’oraison funèbre du parti qui a fait de lui ce qu’il, parti désavoué par la majorité des Togolais, le chef de l’Etat est persuadé qu’il sera considéré comme un héros ; cela pourra peut-être effacer de la mémoire des citoyens tout le mal que son clan a fait à ce pays. Si les choses se présentent ainsi, ce serait la ruine de l’espoir des populations pour l’alternance en 2015. Le score du RPT aux différentes élections sous Faure (2007 et 2010) lui donne l’impression que les Togolais sont de plus en plus  nombreux à faire la distinction entre sa personne et son parti. Il y a donc de quoi pour lui de penser que la dissolution du RPT et son remplacement par un autre parti, va lui attirer la sympathie de la majorité des citoyens.

Faure veut regrouper tous ceux qui l’ont supporté en 2010, y compris des personnalités de l’opposition qui avaient mordu à son appât, dans un grand parti. Ces opposants tourneurs de veste l’ont permis de réaliser des scores plus qu’honorables dans des zones précédemment hostiles au régime. Tout cela, est dû à la perception que les citoyens se font du parti au temps de Gassingbé Eyadema et aujourd’hui. Faure Gnassingbé pense que dissoudre le RPT peut lui permettre d’élargir sa base électorale du clan au pouvoir depuis des décennies.

De plus, le nouveau parti héritera tout du RPT à savoir la machine électorale, l’argent amassé depuis plusieurs années. Or, nombre de personnes ne votent que pour le parti qui est en mesure de leur distribuer des dons. C’est d’ailleurs les achats qui sont à la base de la victoire du RPT en 2007 et 2010.

Binafame


mardi 26 juillet 2011

Les jours et semaines qui sont devant nous risquent d’être difficiles pour le pouvoir.

Flambeau des Démocrates-25/07/2011

« On ne peut rien attendre d’une jeunesse que l’injustice ne révolte », disait Thomas Méllomé. Cette citation semble cadrer très bien avec la situation des populations togolaises qui se comportent depuis longtemps comme des esclaves volontaires face à la multiplication des actes assassins du gouvernement Houngbo. Mais existe-t-il vraiment un peuple que l’injustice ne révolte pas ? En notre qualité de journaliste, nous n’en connaissons point. Nous sommes, au contraire, convaincus que même en Dieu, il y a quelque du diable, si tant est que la colère vient exclusivement de ce dernier. Que ceux qui ne sont pas d’accord se rappellent l’attitude qu’a adoptée le seigneur Jésus Christ quand il a vu que les gens avaient transformé le tabernacle de Dieu en un lieu de commerce. Révolté par ce qu’il venait de constater, le seigneur s’est mis à renverser tous les étalages érigés par les commerçants. Si Jésus, que certains considèrent comme Dieu et qui nous conseille de donner la seconde joue à celui qui vient de nous gifler la première, est arrivé à bout de patience, nous pouvons parier que les populations togolaises ne vont pas continuer par demeurer coites devant la multiplication des actes assassins du gouvernement Houngbo sous la bénédiction de ‘’l’esprit nouveau’’, pardon, de Faure Gnassingbé.
De l’avis de plusieurs observateurs, les populations togolaises sont au pied du mur. Soit, elles se défendent contre le régime RPT qui les accule de plus en plus à la mort, soit elles croisent les bras pour être exterminées par un gouvernement à la solde des institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) et des multinationales des grandes puissances économiques, notamment occidentales. Tous les ingrédients pour alimenter une révolte populaire semblent aujourd’hui être réunis. Point n’est besoin d’être un spécialiste des questions sociales pour s’en apercevoir. Ce que nous disons est dicté par amour pour notre chère patrie et non par apologie du mal. « Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, s’il n’a la lyre et les yeux de Néron (Néron fut un cruel empereur romain), disait Alphonse de Lamartine.  En tirant la sonnette d’alarme sur ce qui ne va pas, nous accomplissons notre part de devoir pour que le Togo ne brûle pas. Mais, nous craignons que ce ne soit déjà trop tard, et ceci par la faute du pouvoir en place qui compte sur la force brute pour étouffer les revendications des populations. Les cas récents de la Tunisie et de l’Egypte montrent que quand le peuple se met débout, aucune armée, fut-elle la plus puissante au monde, ne lui résiste. Ces cas prouvent également qu’aucun peuple n’est résigné à vie. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le peuple togolais que le régime RPT croit avoir définitivement dompté se mettra débout un jour. La question ne se pose pas de savoir s’il y aura des revendications sociales généralises et ouvertes au Togo, mais elle se pose en ces termes : quand auront-elles lieu? C’est un droit inaliénable et sacré pour le peuple de passer par tous les moyens légaux pour que les richesses de son sol et sous sol assurent son épanouissement. Les Togolais, comme tous les autres peuples, ont le droit de lutter pour leur survie. Nul n’a le droit de les en empêcher, fut-il Faure Gnassingbé. Ceux qui gouvernent le Togo ont décidé de pousser la patience du peuple au-delà du possible.
Plus d’un Togolais estiment que le gouvernement a dépassé aujourd’hui les bornes en prenant des actes qui accentuent la misère des populations. Les citoyens pointent du doigt la façon dont le gouvernement a géré les mouvements de revendications sociales du personnel de santé et des étudiants de l’université de Lomé. Pour ces deux secteurs seulement, nombre de personnes pensent que le pays est assis sur une poudrière. Sous la pression, le gouvernement a fini par signer des accords avec les agents de santé et les étudiants. Mais des craintes subsistent quant au respect de ces accords. Nous avons appris qu’il y a deux semaines, le Syndicat du Personnel Hospitalier du Togo (SYNPHOT) a dû menacer d’arrêter le travail dans les centres de santé avant que le gouvernement n’accélère la mise en œuvre du protocole d’accord. C’est après cela que les choses sont rentrées dans l’ordre. Du côté de l’université de Lomé, le pouvoir ne joue pas franc jeu. Le  Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET) a dû se faire violence pour appeler à la reprise des cours afin de sauver l’année académique. Cependant, le Mouvement a émis des réserves quant à l’accord intervenu à la primature avec les autorités au sujet des revendications estudiantines. Ces réserves portent notamment sur la décision d’exclusion (la décision est suspendue et non annulée) de M. Adou Sébou et sur la question de la bourse et des aides. Jusqu’ici, le MEET attend que ces réserves soient prises en compte par le gouvernement pour que son président appose sa signature en bas de l’accord. Mais une fois que les examens de fin d’année ont commencé, le gouvernement se dit que le danger est écarté et tente de multiplier le MEET par zéro. Dans la logique du pouvoir, l’accord avec les étudiants lui a seulement permis de gagner du temps et non de résoudre les problèmes. Il est hors de question pour le gouvernement de trouver des solutions appropriées aux préoccupations des étudiants. Une source bien renseignée fait état de ce que dans l’entendement du gouvernement, le rétablissement de la bourse met désormais fin à l’attribution des aides. Du côté des étudiants, on dit attendre que le gouvernement se prononce clairement contre l’aide  pour lui montrer de quel bois on se chauffe. Comme on le voit, il y a de l’électricité dans l’air.
Comme si cela ne suffisait pas de provoquer le peuple, le pouvoir a décidé depuis le jeudi 14 juillet de revoir à la hausse le prix du carburant à la pompe, alors qu’une première hausse a eu lieu il y a un peu plus d’un mois. Les citoyens ont reçue cette décision comme une provocation de trop, mais n’ont pas réagi, parce que depuis un certain temps, très peu de personnes s’approvisionnent auprès des stations d’essence. La plupart des détenteurs de voitures et de motos achètent le carburant au bord de la route à 500 F au lieu de 600 F à la station. Tant que les gens trouveront le carburant informel, ils resteront calmes. Malheur au gouvernement s’il réactive l’opération entonnoir pour interdire la vente du carburant en dehors des stations d’essence. En tout cas, de sources bien indiquées montrent que ce jour là, les choses ne seront pas faciles. Les émeutes du carburant sont inévitables. Il est certain que le gouvernement va décider un jour de mettre fin à la vente du carburant au bord de la route qualifié à tort d’essence frelatée. Déjà, le mercredi, réunie en assemblée générale, la Fédération des Travailleurs du Bois et de la Construction du Togo (FTBC) trouve inopportune la dernière augmentation du prix des produits pétroliers. Par conséquent, la fédération a demandé au gouvernement de revenir sur sa décision d’ici au plus tard le 28 juillet. Passé, ce délai, une grève d’avertissement de 48 heures sera observée sur toute l’étendue du territoire.
Le pouvoir de Faure Gnassingbé, en considérant le peuple comme l’escabeau de son pouvoir, est entrain de réunir les ingrédients d’une explosion sociale. Que personne ne nous reproche demain de n’avoir pas tiré la sonnette d’alarme sur ce qui ne va pas.

Le Moalimou.

dimanche 24 juillet 2011

Pourquoi les populations de l’Oti doivent sanctionner le régime en place en 2012.

Cinquante ans après l’indépendance du Togo,  le pays continue de s’enfoncer dans les profondeurs du sous développement par la faute du Rassemblement du peuple Togolais (RPT) au pouvoir depuis 1967. Dans l’ensemble, le Togo présente le visage d’un pays après une guerre fratricide.
Dans ce décor de sinistre, le sort que connaît la préfecture est très peu enviable. Le régime en place a tout mis en oeuvre pour que les habitants de cette préfecture disparaissent. La confiscation des terres fertiles pour établir une faune aux limites disproportionnées fait partie du plan machiavélique mis en place par le RPT avant l’avènement de la démocratie pour contraindre les populations de l’Oti à s’exiler. Aujourd’hui encore, l’Oti constitue le parent pauvre des quelques rares projets de développement du pouvoir en place.  Alors qu’au temps colonial, la ville de Mango constituait un véritable centre administratif, aujourd’hui, l’on n’y peut rien faire (même la simple carte d’identité nationale). Une grande partie de la préfecture est jusqu’alors considérée officiellement comme une faune, empêchant ainsi aux bonnes volontés d’entreprendre des activités pérennes de développement au profit des populations. Les cadres de l’OTI, membres du RPT ont fait la preuve qu’ils sont prêts à toutes les bassesses pour continuer de la maintenir dans le sous développement. Une des illustrations, c’est l’incendie de plusieurs domiciles à Mango en avril 2005 par des jeunes à la solde du RPT.
Les populations de l’Oti ne doivent donc pas apporter leurs voix à un parti et à des individus dont le dessein profond est en réalité de maintenir ses habitants dans la misère pour les contraindre à l’exil afin de transformer toutes les terres à une fosse aux lions et aux éléphants. En tout cas, le parti au pouvoir n’a jamais montré que la vie d’habitant de l’Oti vaut plus que celle d’un animal.
Binafame

vendredi 22 juillet 2011

La protection des populations: un prétexte pour l'Occident de recoloniser l'Afrique

L'intervention militaire de la France en Côte d'Ivoire  et celle actuellement de l'OTAN en Libye suite à des résolutions alambiquées de l'ONU ont été justifiées par les puissances occidentales par le souci de protéger les populations civiles prétendument menacées. Il s'agit d'un vrai faux prétexte pour les occidentaux qui devant la montée en puissance de certains pays asiatiques sur le plan économique, cherchent à faire main basse sur les richesses naturelles du continent africain incapable de se défendre militairement. Mais très peu d'Africains, du fait de la grande manipulation médiatique sont en mesure de comprendre que les événements de Côte d'Ivoire et de Libye sont des signes avant-coureurs d'une recolonisation de l'Afrique. Il faut donc un vaste travail d'éveille des consciences sur le continent de nos ancêtres, le berceau de l'humanité. C'est cet effet que j'ai accordé le 12 mai une interview  à l'hebdomadaire togolais ''Le Dauphin''. Je la reprends ici pour les internautes.

Interview de M. BINAFAME Kohan Kidékiyime, président de l’AITAE à l’hebdomadaire Le Dauphin.

Le Dauphin : M. BINAFAME, pouvez-vous nous parler de l’AITAE dont vous êtes le président ?
BINAFAME : L’Association des Intellectuels Togolais pour une Afrique Eveillée (AITAE) est une association que des amis et moi avons portée sur les fonds baptismaux, il y a deux mois. L’AITAE est une association à vocation panafricaniste voulant œuvrer, par la réflexion et l’action, pour faire en sorte que les Africains puissent réellement jouir de leur droit à disposer d’eux-mêmes. De façon concrète, l’AITAE s’efforcera de sensibiliser les populations africaines, notamment togolaises pour qu’elles puissent désigner leurs gouvernants en toute lucidité et sans entrave.
Nous avons créé cette Association parce qu’en dépit des déclarations de principe comme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de plus en plus de personnes, d’Etats, voire institutions s’emploient à empêcher les peuples des pays faibles, en occurrence les Africains de jouir de leurs droits et libertés. Aussi, remarquons-nous des tentatives de sabordage de la démocratie en Afrique par certaines puissances. Les putschs militaires contre les présidents Sidi CheiK Abdoulayi (Mauritanie), Ange Félix Patassé (Centrafrique) et Gbagbo ainsi que les frappes militaires assassines de l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN) sont des signes de la détermination de l’Occident à recoloniser l’Afrique ou tout du moins la vassaliser afin de piller impunément les richesses du continent. Face à cette situation, nous avons estimé que nous, les Africains, devons nous organiser si nous ne voulons pas connaître des situations douloureuses comme celles de l’esclavage et de la colonisation. L’AITAE s’évertuera, aussi longtemps que le Bon Dieu nous protégera contre ceux qui se comportent comme s’ils ont le permis de tuer les peuples faibles, à éveiller la conscience des citoyens africains pour que notre continent ne retombe pas sous le joug colonial.     
Le Dauphin : Qu’est-ce qui vous fonde à croire que l’Occident veut recoloniser l’Afrique ?
M. BINAFAME : Il y a des facteurs qui me fondent à penser que l’Occident ne verrait pas d’un mauvais œil une recolonisation ou tout du moins une vassalisation des Etats africains. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer la situation actuelle de l’Occident à celle de l’Europe à la veille de la colonisation. Il faut se rappeler que deux faits économiques majeurs ont été à l’origine de la colonisation du reste du monde par l’Europe. Le premier  fait, c’était le besoin de matières premières et de ressources énergétiques. Suite à sa révolution industrielle, l’Europe avait grand besoin de ressources minières et énergétiques pour faire fonctionner ses industries et pour la fabrication de produits finis. Or, l’Europe n’est pas naturellement bien pourvue en richesses. Ainsi, pour se procurer gratuitement les matières dont elle avait besoin, l’Europe a profité de sa supériorité technique pour soumettre les autres parties du monde, notamment l’Afrique. Le second fait déterminant, c’était la recherche de débouchés pour l’écoulement des produits industriels européens.
Aujourd’hui, il suffit d’observer de près pour se rendre compte que l’économie des pays occidentaux se trouve dans une situation plus compliquée qu’elle n’était à la veille de la colonisation. Les quelques rares ressources minières et énergétiques des pays européens sont en voie d’épuisement. Malheureusement, les puissances occidentales  ne peuvent pas se procurer à vil prix les matières premières comme avant à cause de la demande croissante des pays asiatiques et de l’Amérique latine qui connaissent un développement industriel et économique extraordinaires. En d’autres termes, la croissance de la demande en matières premières fait grimper leur prix. Ceci n’arrange pas forcément l’Occident dont l’économie est en récession. Dans le même temps, le coût de la main d’œuvre dans cette partie du monde est très élevé ; ce qui fait que les produits industriels des pays occidentaux ne sont pas compétitifs de nos jours. De plus, l’Asie, la plus grande population du monde (la Chine et l’Inde seules font plus de deux milliards d’habitants) a cessé d’être un débouché pour les produits occidentaux à cause de la montée en puissance des pays comme les chine, l’Inde, le Singapour, Taïwan, la Coré du Sud qui inondent ce vaste continent de leurs produits industriels et agricoles défiant toute concurrence.  Le seul endroit au monde aujourd’hui où les produits fabriqués en Occident connaissent encore un sort meilleur, c’est l’Afrique dont la quasi-totalité des pays sont à l’étape du sous développement. Mais ici aussi, la concurrence de la Chine et de l’Inde ainsi que d’autres pays émergents est rude. Face à une telle situation, l’occident cherche à placer à la tête des pays africains des hommes politiques sans aucune ambition réelle pour leurs propres populations et qui sont disposés à brader les richesses de leur pays au profit des multinationales occidentales.
Mais, l’Occident sait que la colonisation au 21e siècle est une idée difficile à accepter. C’est pourquoi il brandit des arguments tels que la protection des civils et la sauvegarde de la démocratie pour cacher ses réelles intentions. C’est ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. C’est ce qui se passe en Libye où certains Etats occidentaux, en toute illégitimité, déversent des tonnes de bombes sur les populations dans le seul but d’installer leurs pions à la tête de ce pays qui constitue l’une des plus grandes réserves de pétrole au monde. En tout cas, je ne vois pas ce qui peut justifier le soutien de la France, de l’Angleterre, de l’Italie, des Etats-Unis et leurs alliés aux rebelles libyens si ce n’est la volonté de mettre fin au règne de Kadhafi pour faire main basse sur les richesses pétrolières. Personne n’est dupe pour croire que les frappes de l’OTAN sont uniquement destinées à protéger les populations civiles.
Le Dauphin : Mais tout de même est-ce que vous ne voyez pas que l’intervention de la France et de l’ONU en Côte d’Ivoire a permis de sauver la démocratie dans ce pays, puisque le président Gbagbo qui a perdu les élections refusait de reconnaître sa défaite et que si malgré tout il était resté au pouvoir, ce serait un précédent dangereux pour l’Afrique ?
Binafame : Votre question insinue plusieurs choses à la fois. Tout d’abord, laissez-moi vous dire que ceux  qui (l’ONU, certaines puissances et certains Etats africains) ont clamé haut et fort que le président Gbagbo a perdu l’élection du 28 novembre 2010 n’ont plus été en mesure d’en apporter la preuve de leur affirmation. Leur seul argument, c’est la simple certification d’un individu qui a montré dès le départ qu’il était en mission commandée pour aider Alassane Ouattara à parachever le coup d’Etat qu’il a commencé en septembre 2002. Si en Haïti, l’ONU a accepté recompter les voix de l’élection présidentielle et a refusé de faire la même chose en Côte d’Ivoire, c’est que Ban Ki-Moon, Sarkozy, Barack Obama et leurs complices ont peur que leur magouille soit découverte. Si les Nations unies et les grandes puissances ont préféré l’usage de la force, c’est qu’elles craignent que le recomptage des voix prouve au monde entier que leur protégé n’a pas remporté le scrutin.
Ensuite, il faut rappeler que les résultats proclamés, au Quartier Général de campagne de Alassane Ouattara, par Youssouf Bakayo, le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ont été obtenus uniquement à base du comptage manuel, alors que tous les acteurs au second tour étaient d’accord qu’il fallait combiner le comptage manuel et électronique. Les résultats obtenus après le traitement  électronique des procès verbaux existent bel et bien. Mais la fameuse communauté internationale a fait un black out total sur ça. Or, de toute évidence, le comptage électronique a permis de démasquer des irrégularités massives. Il faut aussi rappeler que dès la clôture du scrutin des personnalités de renom comme Me Joseph Koffigoh et John Jerry Rwalings ainsi que les experts électoraux africains avaient dénoncé des fraudes à grande échelle dans les zones sous le contrôle de la rébellion de Ouattara depuis septembre 2002.
Dire dans ces circonstances que l’intervention de la France et de l’ONU a permis de sauver la démocratie, je pense que c’est chercher à écrire l’histoire à l’envers. C’est plutôt l’imposition de Ouatttara qui est une menace pour la démocratie. En effet, tout porte à croire qu’il y a eu réellement bourrage d’urnes dans la zone contrôlée par les chiens de guerre de Ouattara que les médias du colon s’emploient à appeler Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Si tant est que c’est la sauvegarde de la démocratie qui tient à cœur  la communauté internationale pourquoi les donneurs de leçons ne se sont pas montrés émus devant le fait que dans plus de 200 bureaux de vote où le président Gbagbo avait des voix au premier tour, au second il en a zéro ? Il est à craindre que désormais en Afrique tout candidat qui se sent fort bloque une partie entière du pays, bourre les urnes pour se faire proclamer président.
Ce qui s’est passé est un acte condamnable parce que cela constitue une violation flagrante de la charte de l’ONU qui prohibe l’ingérence des les affaires intérieures d’un Etat indépendant. On a prétexté que c’était pour détruire les armes lourdes. Dans ce cas, on peut se poser la question de savoir pourquoi ce sont seulement les armes des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) qu’on a détruites. Qu’on cesse de prendre les Africains pour des petits enfants. Je déplore les nombreuses morts à cause des balles des FDS. Mais pourquoi les monde entier, notamment les médias occidentaux, garde le silence sur les milliers de jeunes patriotes tués près de la présidence de la République du fait des bombardements des chars et hélicoptères des forces françaises.



Le Dauphin : Bonne ou mauvaise, l’intervention de la France a permis de mettre fin aux combats violents en Côte d’Ivoire. Pensez-vous que le pays est sur la voie de la réconciliation ?
Binafame : J’aurais voulu croire que c’est le bout du tunnel, mais je pense que ça sera difficile.
Le Dauphin : Monsieur Ouattara s’y est pourtant engagé. Est-ce à dire que vous ne lui faites pas confiance ?
Binafame : Je crois que ce n’est pas sérieux de me demander de faire confiance à un chef de guerre dont les troupes ont massacré plus d’un millier de personnes dans des églises à Douékoué. Comment est-il possible de penser que l’on peut faire confiance à un anti-constitutionnaliste avéré qui ne compte que sur la force comme moyen d’arriver au pouvoir. Des informations concordantes font état de ce que la victoire militaire du camp Ouattara a été suivie d’une chasse aux pro-Ggbagbo. Aujourd’hui, les médias proches du FPI sont presque tous saccagés. Les responsables du parti de Gbagbo sont tous embastillés. Certaines organisations de protection des droits de l’homme parlent même d’épuration ethnique. Dans ces circonstances, les nouveaux maîtres d’Abidjan ne peuvent pas prouver qu’ils veulent réellement la réconciliation. Il faut des actes forts qui accompagnent les déclarations d’intention.
Le Dauphin : Gbagbo, malgré sa résistance, est tombé, croyez-vous que Kadhafi pourra tenir tête à la coalition internationale ?
Binafame : L’OTAN, dans le cadre de Libye agit comme une organisation terroriste, et face au terrorisme, qu’il soit mené par un islamiste ou par une grande puissance, la seule attitude à  avoir, c’est de résister. Il est très facile de penser que Kadhafi va laisser son pays qu’il aime tant à des individus armés au vu et su de tout le monde par des puissances occidentales. Même s’il arrivait qu’il soit assassiné, puisque c’est visiblement ce que veut maintenant la coalition internationale, la postérité lui rendra un hommage mérité.
Le Dauphin : Votre mot de fin
Binafame : Je demande aux Africains de ne pas se laisser manipuler. La réussite du processus démocratique en Afrique est le dernier souci des grandes puissances. Ce qui les préoccupe, c’est l’intérêt de leurs multinationales.




jeudi 21 juillet 2011

L'espoir est permis désormais pour la préfecture de l'Oti

Après 50 ans d'indépendance de notre pays, la préfecture de l’Oti qui, au temps colonial était un véritable centre administratif a été totalement oubliée par le Rassemblement du peuple Togolais (RPT) qui dirige le pays depuis maintenant 42 ans. Cette situation malheureuse de la préfecture a été facilitée par l'attitude de  certains de fils, le plus grand nombre, pour lesquels elle a pourtant consenti tous les sacrifices pour qu'ils réussissent à l'école et dans leur carrière administrative.
Nous croyons à une autre Oti, car nous sommes convaincus que son sort actuel n'est pas dû à une malédiction divine. Il suffit que la nouvelle génération d'intellectuels ressortissants de la préfecture décide de rompre avec le parti dont le dessein profond est d'effacer Mango et les autres cantons et villages composants l'Oti de la carte du Togo. Mais ça, ce sera difficile parce que les cadres qui sont au RPT et qui ont toujours parlé au nom des populations de l'Oti ne pensent en réalité qu'à leurs propres intérêts. Le sort de l'Oti dépend désormais de ses populations qui doivent arrêter de d'accorder leurs suffrages à des fils et à un parti qui ont toujours posé des actes qui vont dans le sens de retarder l'Oti. Et comme cela, une autre préfecture de l'Oti sera possible. Nous y croyons