Flambeau des Démocrates-25/07/2011
« On ne peut rien attendre d’une jeunesse que l’injustice ne révolte », disait Thomas Méllomé. Cette citation semble cadrer très bien avec la situation des populations togolaises qui se comportent depuis longtemps comme des esclaves volontaires face à la multiplication des actes assassins du gouvernement Houngbo. Mais existe-t-il vraiment un peuple que l’injustice ne révolte pas ? En notre qualité de journaliste, nous n’en connaissons point. Nous sommes, au contraire, convaincus que même en Dieu, il y a quelque du diable, si tant est que la colère vient exclusivement de ce dernier. Que ceux qui ne sont pas d’accord se rappellent l’attitude qu’a adoptée le seigneur Jésus Christ quand il a vu que les gens avaient transformé le tabernacle de Dieu en un lieu de commerce. Révolté par ce qu’il venait de constater, le seigneur s’est mis à renverser tous les étalages érigés par les commerçants. Si Jésus, que certains considèrent comme Dieu et qui nous conseille de donner la seconde joue à celui qui vient de nous gifler la première, est arrivé à bout de patience, nous pouvons parier que les populations togolaises ne vont pas continuer par demeurer coites devant la multiplication des actes assassins du gouvernement Houngbo sous la bénédiction de ‘’l’esprit nouveau’’, pardon, de Faure Gnassingbé.
De l’avis de plusieurs observateurs, les populations togolaises sont au pied du mur. Soit, elles se défendent contre le régime RPT qui les accule de plus en plus à la mort, soit elles croisent les bras pour être exterminées par un gouvernement à la solde des institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) et des multinationales des grandes puissances économiques, notamment occidentales. Tous les ingrédients pour alimenter une révolte populaire semblent aujourd’hui être réunis. Point n’est besoin d’être un spécialiste des questions sociales pour s’en apercevoir. Ce que nous disons est dicté par amour pour notre chère patrie et non par apologie du mal. « Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, s’il n’a la lyre et les yeux de Néron (Néron fut un cruel empereur romain), disait Alphonse de Lamartine. En tirant la sonnette d’alarme sur ce qui ne va pas, nous accomplissons notre part de devoir pour que le Togo ne brûle pas. Mais, nous craignons que ce ne soit déjà trop tard, et ceci par la faute du pouvoir en place qui compte sur la force brute pour étouffer les revendications des populations. Les cas récents de la Tunisie et de l’Egypte montrent que quand le peuple se met débout, aucune armée, fut-elle la plus puissante au monde, ne lui résiste. Ces cas prouvent également qu’aucun peuple n’est résigné à vie. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le peuple togolais que le régime RPT croit avoir définitivement dompté se mettra débout un jour. La question ne se pose pas de savoir s’il y aura des revendications sociales généralises et ouvertes au Togo, mais elle se pose en ces termes : quand auront-elles lieu? C’est un droit inaliénable et sacré pour le peuple de passer par tous les moyens légaux pour que les richesses de son sol et sous sol assurent son épanouissement. Les Togolais, comme tous les autres peuples, ont le droit de lutter pour leur survie. Nul n’a le droit de les en empêcher, fut-il Faure Gnassingbé. Ceux qui gouvernent le Togo ont décidé de pousser la patience du peuple au-delà du possible.
Plus d’un Togolais estiment que le gouvernement a dépassé aujourd’hui les bornes en prenant des actes qui accentuent la misère des populations. Les citoyens pointent du doigt la façon dont le gouvernement a géré les mouvements de revendications sociales du personnel de santé et des étudiants de l’université de Lomé. Pour ces deux secteurs seulement, nombre de personnes pensent que le pays est assis sur une poudrière. Sous la pression, le gouvernement a fini par signer des accords avec les agents de santé et les étudiants. Mais des craintes subsistent quant au respect de ces accords. Nous avons appris qu’il y a deux semaines, le Syndicat du Personnel Hospitalier du Togo (SYNPHOT) a dû menacer d’arrêter le travail dans les centres de santé avant que le gouvernement n’accélère la mise en œuvre du protocole d’accord. C’est après cela que les choses sont rentrées dans l’ordre. Du côté de l’université de Lomé, le pouvoir ne joue pas franc jeu. Le Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET) a dû se faire violence pour appeler à la reprise des cours afin de sauver l’année académique. Cependant, le Mouvement a émis des réserves quant à l’accord intervenu à la primature avec les autorités au sujet des revendications estudiantines. Ces réserves portent notamment sur la décision d’exclusion (la décision est suspendue et non annulée) de M. Adou Sébou et sur la question de la bourse et des aides. Jusqu’ici, le MEET attend que ces réserves soient prises en compte par le gouvernement pour que son président appose sa signature en bas de l’accord. Mais une fois que les examens de fin d’année ont commencé, le gouvernement se dit que le danger est écarté et tente de multiplier le MEET par zéro. Dans la logique du pouvoir, l’accord avec les étudiants lui a seulement permis de gagner du temps et non de résoudre les problèmes. Il est hors de question pour le gouvernement de trouver des solutions appropriées aux préoccupations des étudiants. Une source bien renseignée fait état de ce que dans l’entendement du gouvernement, le rétablissement de la bourse met désormais fin à l’attribution des aides. Du côté des étudiants, on dit attendre que le gouvernement se prononce clairement contre l’aide pour lui montrer de quel bois on se chauffe. Comme on le voit, il y a de l’électricité dans l’air.
Comme si cela ne suffisait pas de provoquer le peuple, le pouvoir a décidé depuis le jeudi 14 juillet de revoir à la hausse le prix du carburant à la pompe, alors qu’une première hausse a eu lieu il y a un peu plus d’un mois. Les citoyens ont reçue cette décision comme une provocation de trop, mais n’ont pas réagi, parce que depuis un certain temps, très peu de personnes s’approvisionnent auprès des stations d’essence. La plupart des détenteurs de voitures et de motos achètent le carburant au bord de la route à 500 F au lieu de 600 F à la station. Tant que les gens trouveront le carburant informel, ils resteront calmes. Malheur au gouvernement s’il réactive l’opération entonnoir pour interdire la vente du carburant en dehors des stations d’essence. En tout cas, de sources bien indiquées montrent que ce jour là, les choses ne seront pas faciles. Les émeutes du carburant sont inévitables. Il est certain que le gouvernement va décider un jour de mettre fin à la vente du carburant au bord de la route qualifié à tort d’essence frelatée. Déjà, le mercredi, réunie en assemblée générale, la Fédération des Travailleurs du Bois et de la Construction du Togo (FTBC) trouve inopportune la dernière augmentation du prix des produits pétroliers. Par conséquent, la fédération a demandé au gouvernement de revenir sur sa décision d’ici au plus tard le 28 juillet. Passé, ce délai, une grève d’avertissement de 48 heures sera observée sur toute l’étendue du territoire.
Le pouvoir de Faure Gnassingbé, en considérant le peuple comme l’escabeau de son pouvoir, est entrain de réunir les ingrédients d’une explosion sociale. Que personne ne nous reproche demain de n’avoir pas tiré la sonnette d’alarme sur ce qui ne va pas.
Le Moalimou.
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